Ne pas avoir d'autorité - encadrement dans le Lot

par Juliette  -  5 Novembre 2019, 21:56  -  #Lot, #Camp jeune, #science de l'adultitude

Je parlais dans un des articles précédents du fait que les vacances de la Toussaint, c'est triste. J'ai menti. Pardon. Mais pourquoi j'ai menti? Parce que, en fait, ça a été des vacances trop cool, dans le Lot. 

 

*Là, c'est le moment nostalgie et larmes*

Depuis que j'ai débuté la spéléo, j'en ai fait des camps jeunes, j'en ai visité des cavités avec la team Midi-Py, j'en ai vu des kilomètres de corde et des kits dégueulasses... J'en ai gardé plein de souvenirs incroyables et autant d'amis. C'est sur ces camps que j'ai appris tout ce que je sais ou à peu près (d'ailleurs, les cadres qui m'ont transmis tant, j'en parle encore comme si c'était des dieux... Creepy). Midi-Py un jour, Midi-Py toujours! Les vrais savent.

*Là, c'est la fin du moment digne d'un téléfilm de noël de M6*

 

C'est donc tout naturellement que je me suis incrustée sur un camp jeunes Occitanie pour mon premier encadrement en stage fédéral (et espérons pas le dernier).

 

- Faut passer entre les barreaux! Arf arf arf!

- Mais qu'ils sont cons ces cadres avec leurs blagues débiles. 

 

Lundi, il a fallu rallier les nord contrées du Lot (tout ce qui est au dessus de Toulouse, c'est le nord, pas de débats) en ramassant deux stagiaires sur la route : Gabriel et Milan. Ils étaient tellement silencieux (je suis très impressionnante) que je vérifiais régulièrement qu'ils étaient bien là et que je les avais pas oubliés sur une aire d'autoroute. Ça la fout mal quand t'es cadre, c'est, comme on le dit dans le jargon, un mauvais départ (quel jargon? bonne question). Mais non, ils sont bien là. "On a rien à dire en même temps". Prend toi ça dans la tronche. 

Une fois au gîte, à Cajarc, on répartit les couchages, on mange et après direction la falaise juste à côté du Célé. Un beau spot pour bosser, un peu abrité. 

Ça finit en bataille de mousse (la plante verte, on n'a pas de budget pour une machine à mousse de discothèque) et en nœuds de stagiaires (ils font les cons sur une corde en plein vide, aussi...).

 

Repose ça tout de suite! Maiiiiis écoute moi! Je suis l'adulte, c'est moi qui commande!

 

Mardi et mercredi, j'ai fait un joli tour dans l'Igue de Toulze. Aucun ne voulant se mouiller, on n'a pas été plus loin que l’embarcadère. La grotte est très sympa et pas hyper simple à équiper, ils ont tous bien bossé. Normal, ils ont des cadres incroyables, me direz vous! Une partie de cache-cache dans une galerie a été improvisée le mardi. Très franchement le plus fatigant ce jour là. Ils se cachent bien mais après, ils se mettent à glousser, donc fatalement, tu cherches pas très longtemps. Mais il a fallu les poursuivre après. Les draperies ont permis à beaucoup de vérifier si un talent soudain pour la musique improvisée n'avait pas éclot chez eux. Verdict? Ils sont nuls. On dirait un troupeau de vaches qui se déplacent dans les alpages.

 

Jeudi on avait prévu de leur faire faire des beaux et gros trous. Mais ils ont pas écouté quand on leur a dit d'aller se coucher. Conséquences : trou boueux pour tout le monde. Nous on s'en fout, on a deux combis si jamais on sort le lendemain. Mwahahaha.

Trou boueux ne rimant pas avec facile, l'équipe pédagogique responsable du groupe dans l'Igue du Père Noël, dont je fais partie, s'est permise quelques farces. En plus c'est halloween. 

 

Beautés boueuses - glaise sur tissus mous - artiste inconnu - 2019

 

Leçon numéro 1 : vérifier les kits si c'est pas nous qu'on les a fait.

Aucun des petits chacals n'a été surpris qu'un kit avec 30m de corde, 2 mouskifs et 3 sangles pèse 15 kg. Ils ont porté, sans se poser de questions, un bout de goudron et toutes les plaquettes dispo pour le stage. Des pécheurs doubles et des nœuds de huit se sont également glissés tout au long d'une des cordes.  Dans un autre kit, un cadre farceur a rajouté une corde de 15 m par dessus celle de 25. Evidemment, au milieu de plan incliné, l'équipeur s'est retrouvé sur le nœud. "Mais je fais quooooiiiiii?!"

 

Leçon numéro 2 : toujours se méfier de la personne qui s'assoit juste derrière toi pendant une bataille de boue.

Une bataille de boue est toujours pleine de surprises. Il y a les changements d'équipe totalement aléatoires, les boulettes dans la tronche, les bottes arrachées, ... Mais en règle générale, quand quelqu'un clairement de l'équipe adverse se met juste derrière toi, sans pression et en chantonnant, il faut se méfier. Une boulette de glaise glissée subrepticement entre le tee-shirt et la sous combi a tendance à voyager jusqu'aux chaussettes en laissant de jolies traces derrière elle. N'est ce pas Batiste?

 

Le stagiaire, les deux kits accrochés aux chaussures et la psycho

 

Leçon numéro 3 : de l'importance du timing.

Lorsque vous décidez de vider une bouteille d'eau sur votre camarade plus bas dans le puits, sachez être patient et attendez le bon moment. Il en va de même lorsque vous piquez du matériel qui pendouille sur le baudrier de la cible. Je passerais sous silence les détails de l'humiliation que j'ai subie dans le mini lac, quand, criant victoire trop tôt après la subtilisation d'une pédale, je me suis vautrée dans l'eau tel un phoque ivre le lendemain de mardi gras.

 

Leçon bonus : le mauvais shklung.

Un petit cabestan de corde autours d'un petit bout de bois en tête de puits fera chuter votre camarade de quelques centimètres lors de la mise en tension de la corde et ça produit le fameux shklung. De quoi faire flipper votre victime. Rajoutez un complice qui pourra dire, de façon très sérieuse, "c'est pas un bon shklung ça, je crois qu'il y a un problème au niveau des mouskifs en tête de puits, tu fais bien attention surtout! Monte léger!". Bien entendu, cette blague ne fonctionne plus sur certaines personnes, qui reconnaîtront le shklung et diront "putain mais t'es con, je connais!". Si vous souhaitez avoir une leçon sur le cabestan bâton, j'ai un contact pro (keur sur toi Klo!). Bien entendu, ces cascades doivent être réalisées en toute sécurité.

 

Le jeudi soir, notre fabuleuse maquilleuse Estelle a décidé que, halloween oblige, des blessures sanguinolentes devaient apparaître sur certains visages. C'était très réussi, certains avaient l'air de s'être pris une porte dans la tronche. D'autres se sont déguisés avec du papier toilette ou sont devenus verts. Evidemment, quand on décide d'aller sonner aux portes vers minuit, beh y a plus personne pour répondre. Retour au bercail pour les trois naïfs déguisés qui auront le mérite d'avoir tenté.

 

La porte a pas bougée, c'est elle qui remporte de round

 

 

Vendredi, les petits yeux nous dissuadent définitivement de faire une sortie, ça sera donc lavage du matos et rangement du gite pour tout le monde. Puis retour plus au sud pour moi. J'ai redescendu Milan. Il a pas dit un  mot, mais sûre que ce soit parce qu'il me trouve intimidante... 

 

 

Merci à Juju/Corail/Julien (après une semaine de stage, je sais toujours pas comment qu'il faut t'appeler) qui a accepté l'incruste.

Merci à la dream team de l'encadrement : Fred, Max, Alex, Fraise, Buldo et Corail/Juju/Julien (on change l'ordre, sinon c'est trop monotone).

Mais surtout merci aux stagiaires, vous avez été un tout petit peu chiants, mais vous m'avez bien fait rire!

 

Merci à tous pour les photos!

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