Passer la frontière

par Mathilde et Juliette  -  9 Août 2019, 10:00  -  #Pays-Basque, #Spéléo, #science de la larve pendue sur une corde, #sciences de Bexanka

Ecrit à deux mains, cet article se compose pèle-mêle des propos de Mathilde et de Juliette. Dans un soucis de respect de la vie privée des autrices, aucune distinction dans la mise en forme ne sera réalisée.

La sur-utilisation des termes "de Bexanka" résulte d'une private-joke (ou privée-blague en français).

Il y a beaucoup de photos.

 

 

 

Nous ne savons pas trop comment vous annoncer ça, c'est un sujet sensible que nous allons aborder... Autant y aller franco : une partie du SNEC a décidé de traverser la frontière et d'aller spéléoter dans le 64. Le pas a été difficile à sauter, mais nous y sommes parvenus, sans dommages.

 

Bon, nous n'avons pas tenté le diable non plus, nous avons été visiter une grotte très connue et courue : Bexanka (se lit Betchanka, à la Basque). Les seules fois où un membre de notre club d'élite est allé à Bexanka, c'était dans le cadre de l'EDS, il était temps que ça change!

 

Cette histoire débute après une nuit humide et pluvieuse sous la tente, sur une aire de passage inconnue.  Il y a des toilettes sèches, c'est trop cool. Sauf que du coup y a pas mal de gens qui s'arrêtent pour pisser. Nous revenons d'un concert à Oloron dont nous n'avons écouté que la dernière chanson, trop occupées à manger, pour changer. Peu importe, il faut que nous nous levions tôt alors on ferme les yeux et on parle en dormant (bon c'est facile de deviner qui parle la nuit, c'est de notoriété publique).

 

C'est encore loin grand shtroumpf?

 

Après deux réveils, les yeux qui piquent et un frugal petit déjeuner, nous retrouvons de bonne heure nos amis Bigourdans partis de Tarbes très tôt le matin. Je rempli le cahier du bar, il y a des effluves de croissants dans la salle, j'ai faim. Fabien connaît la route, une partie du groupe surveille sur le GPS que c'est le bon endroit, au cas où. C'est que ça monte apparemment. Et en plein champ (de Bexanka)!

 

Enkitage du reste de cordes empruntées la veille au CDS, organisation de la sortie, qui équipe quoi, tout y passe, mais plus rapidement que d'habitude, ça fait bizarre.

Après une montée assez raide à travers champs, on entre dans un sous-bois avant d'arriver rapidement au bord du précipice de Bexanka : un magnifique gouffre de 53m de profondeur s'ouvre à nos pieds. Vous voyez l'entrée du Hayau ? Et bien imaginer plus grandiosiquement grand !! Fabien équipe sous ma surveillance. Nous descendons tous les deux en dernier pour pouvoir rajouter un fractio. Ah oui, par soucis de motivation lors de la remontée, nous avons équipé en double. C'était une excellente idée, vous comprendrez pourquoi plus tard.

 

Mathilde et son gant unique

 

S'enchaînent ensuite grandes salles, puits et ressauts équipés d'échelles de Bexanka datant du millénaire dernier, cheminements dans des éboulis, concrétions spectaculaires... C'est con parce que, voyez vous, c'est grandiose, mais on ne fait que deviner certaines formes. Les pannes consécutives les jours précédents de trois lampes appartement à trois spéléo différents nous amputent sérieusement. Il ne reste qu'une lampe puissante, le reste ce sont des duo13 et autres lampes de secours petzl. On voit rien et ça fout les boules (de cheval).

 

Puis vient le moment clef de notre histoire. Sur les coups de midi du spéléo (donc pas midi du tout), après un concerto de gargouillis venus de 6 estomacs en symbiose, nous nous arrêtons pour grailler entre un petit puits de Bexanka (mais non moins impressionnant grâce à sa tête dans le vide) et une grosse escalade. C'est alors que tout s’enchaîne : je m'éclipse. Une petite ouverture sur ma droite. Je m'y faufile. Avance encore un peu. Le sol est glissant (de cheval). Ça glisse même beaucoup (de cheval). Escarpé aussi. Mais un semblant de chemin s'est formé. Pensée pour mes camarades. Je veux les préserver d'une odeur désagréable. Descendre jusqu'à la salle ? Bien trop raide et glissant pour mon corps en perte d'énergie. A droite ? Une petite faille ! Ni une ni deux je m'exécute. Squat et appui tendu pas renversé. Opposition contre la paroi. Remplie d'argile humide. Mes pieds glissent. Mais je tiens bon. Je termine mon affaire et me rhabille. Pas de chute dans cette histoire (ni à cette histoire. LOOOL. Blagounette de merde surprise!).

 

Y en a une qui est contente de manger. Bon l'autre on sait pas qu'est ce qu'elle a encore.

 

De retour auprès des 5 estomacs en train de se remplir, je leur conte mon acte héroïque qui leur était dévoué. C'est alors que j'apprends qu'ils ont tous déjà visité la petite salle... mais Ronan en grand chevalier annonce qu'il doit encore aller la voir! Merci Ronan.

Rencontrer des volumes aussi grands n'étant pas légion pour nous, c'est avec stupéfaction que je découvre que ça résonne. Il ne m'en fallait pas plus pour hurler. J'ai même pas tenté de chanter, personne n'a d'illusion quant à mes capacités de chanteuse lyrique.

 

Laurent et Geneviève font demi-tour à cet endroit là, ils vont remonter tranquillement en faisant la course avec nous autres partis dans l'escalade immense de l'autre côté de la salle à manger de Bexanka. On essaie de se parler, mais c'est peu concluant. Ça glisse dans l'escalade, on voit de vieille traces de glissades, mais nous sommes à l'aise sur nos courtes pattes (de cheval) et personne ne se vautre. Ou alors très discrètement.

 

Lucky Luke des profondeurs

 

L'heure tourne, nous ne pouvons pas aller jusqu'au fond, mais Ronan et Fabien vont quand même voir la Grande Muraille de Bexanka (de cheval). Une des filles s'avance dans la remontée pendant que l'autre attend les garçons. Qui ne savent pas lire l'heure. On avait dit 15 minutes et au final c'est plutôt quarante minutes. J'envois Ronan remonter pour surveiller Fabien au déséquipement. Il gère du tonnerre et me décrit ce qu'il fait quand je ne peux pas le voir. Ça peut paraître chiant et contraignant pour lui, mais il comprend direct l'intérêt et s’exécute (de cheval). Nous remontons tranquillement mais en sueur. Il a fait chaud tout le long de la sortie, la prochaine étape c'est être à poil. On ne l'a pas fait. On n'est pas assez sauvage pour ça.

 

Petit à petit, l'oiseau fait son nid. Ça n'a aucun rapport mais on s'en fout (de cheval), c'est une métaphore de notre remontée, les kits et les cordes sont le nid. Deg que personne n'est essayé de rentrer dedans et de couver un skif par contre.

 

On finit par arrivée en bas du P53 de Bexanka, nos camarades sont en dessous des frac, Fabien et moi allons attendre. Je propose à mon compagnon en nage de mettre de la musique pour nous motiver. Et la musique nous habite (DE CHEVAL!!!!!!!!!!!!), nous remontons sous les assauts de nos copains en haut du puits. Ils ont décidé que ça serait bien de nous balancer de l'eau dessus. Je suis une farceuse moi aussi alors je double Fabien, récupère une bouteille d'eau, aimablement tendue par un complice, et l'arrose copieusement. Je ne suis pas sûre qu'il ai compris d'où venait l'attaque à ce moment là. Ma fierté? J'ai bien visé, il en a bu un peu. Héhéhé.

 

Hihihihihihihihihi en trois actes

 

 

Bon, par contre en haut du puits c'était tendu. Je sais pas ce que j'ai foutu encore, mais je me suis retrouvée avec le pantin impossible à enlever. Fabien, peu rancunier m'a aidé avant de lui même ressortir et de finir de déséquiper. 

 

Je suis une poupée de cire, une poupée de son

 

Tout ce beau monde est redescendu en contournant les vaches aux yeux vides, s'est changé, a tout rangé puis le lavage du matériel s'est fait en joyeuseté dans une tiède rivière. Bref, je me suis soulagée sous terre et j'ai fait Bexanka de Bexanka.

 

La légende c'est l'expression sur le visage de Mathilde

 

Evolu'tif

 

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